Biographie


Une enfance de celles qu'on dit heureuse, dans un milieu mi-rural, mi-artisanal que l'idée de vivre de sa plume épouvante. Alors, sitôt le bac en poche après deux redoublements pour cause de dissipation, un plongeon dans la vraie vie, ses fêtes, ses plaisirs, et ... ses obligations.
Travailler pour vivre par exemple et sinon de sa plume, alors, au gré des rencontres, soyons vendeuse, caissière, balayeuse, brocanteuse, secrétaire... Et le soir, les fins de semaines, pendant les vacances, vivons, vivons, vivons ! sans mesure.

Jusqu'à ce jour, lequel était-ce ? ... où l'envie d'écrire a repointé le bout de sa plume. Et le récit balbutiant s'est précisé, poli, devenant bientôt, grâce à l'ordinateur, manuscrit, et plus tard grâce à la poste, puis aux éditeurs jeunesse de Gallimard, livre. Alea jacta est.

Tout le reste est délice, aventure, doute, solitude, passion, étonnement ... grandissement.

Martine Pouchain autrice
photo de Gabriel Gouteux
Martine Pouchain train
Ah ! quand le Train Bleu emmenait les auteurs au salon de Brives !

Martine Pouchain joue aux cow boys
Oui, je jouais aux cow-boys

Martine Pouchain première voiture
Ma première voiture

Martine Pouchain premier mariage
Mon premier mariage

Entrevue avec Martine Pouchain

Du site www.sophielit.ca - Le 13 septembre 2011
C'est Alice Liénard de Sous un pissenlit qui m'a donné envie de lire Johnny et ce fut un véritable coup de coeur, un coup de poing aussi. Entrevue avec une auteure qui a une plume renversante! 

Vous vous définissez comme une auteure éclectique. Est-ce que cette liberté est essentielle pour vous? 
La liberté est essentielle pour moi d'une façon générale, toute la liberté possible, et mon exigence de liberté croît avec les années. Quant au roman, ne pas être nécessairement là où l'on m'attend m'importe beaucoup, pas seulement pour surprendre le lecteur, mais avant tout pour me surprendre moi-même.
 
Vous abordez des thèmes durs dans vos romans, que ce soit l’intimidation qui pousse au suicide ou encore le viol collectif.  Où trouvez-vous votre inspiration? 
L'inspiration peut venir de la lecture d'un article, d'un fait divers, pour Les Ostrogoths, des remous qui agitent notre planète, d'une confidence. L'auteur se nourrit de tout. Une colère peut provoquer la naissance d'un roman comme Bagdad 2004 (ressorti récemment sous le titre Dans l'enfer de Bagdad). Mais certaines histoires "mûrissent" longtemps avant de voir le jour. Je n'ai pas de recette, je suis juste à l'écoute. Pour les trois petits romans Johnny, Ce que j'aime c'est (publié sous le pseudo Martha Thomas), et Délinquante, j'ai utilisé des réminiscences personnelles, très fortement romancées.

Est-ce qu’il y a des sujets tabous? 
Il y a des sujets que je ne vois pas l'intérêt d'aborder. Je ne crois pas qu'il y ait de sujets tabous, mais personnellement je répugne à décrire (et à lire ou à voir) la violence, en particulier quand cela ne sert pas le sujet. Il y a, hélas, souvent une complaisance.
 
J’ai parfois l’impression que le «punch » de votre roman se déroule au tout début et que c’est ensuite la façon de réagir du personnage qui crée l’histoire. Est-ce une bonne perception?
Ah ? Je ne sais pas. Je ne m'en rends tout simplement pas compte. Je n'ai jamais analysé mes textes.
 
Dans chacun de vos romans, vos personnages ont une fêlure.  Comment ces personnages vous viennent-ils en tête?
Dieu seul le sait. La ballade de Sean Hopper était à l'origine un scénario (je cherche toujours un producteur américain ou canadien, si vous avez une idée). Pour passer du scénario au roman, il faut faire des choix narratifs et trouver un ton. Celui du petit garçon permettait une grande liberté d'expression, j'ai donc finalement opté pour cette solution. Quand à Sean H. , d'où vient-il ?... Je n'en sais rien. Il vit son chemin de Damas. On passe d'une brute presque sans nuance, à un homme fragile. Tout çà se forme peu à peu, je ne maîtrise pas tout.
 
Est-ce important pour vous de terminer sur une note d’espoir?
OUI. Essentiel.
 
Faites-vous des plans avant d’écrire?
Oui. La seule fois où je ne l'ai pas fait, c'était pour Chevalier B où je voulais juste écrire l'histoire d'un amour absolu.

Arrive-t-il que vos personnages vous entrainent ailleurs que là où vous le pensiez?
Oui, une fois : c'était Chevalier B. J'ai laissé venir la fin, évidente.
 
Aimez-vous le format des mini-roman de Sarbacane? Qu’est-ce que ce format amène de plus?
Fulgurance. Et paresse.
 
Johnny aborde le thème de l’intimidation et ses conséquences.  Est-ce nécessaire d’aborder ce genre de sujet en littérature jeunesse?
Je ne sais pas si c'est nécessaire. Je n'y ai pas pensé en l'écrivant. J'avais envie de le faire, je l'ai fait. J'écoute en général mes instincts, mes intuitions. D'ailleurs Sarbacane n'avait même pas de collection pour des textes courts quand je lui confié Johnny et Ce que j'aime, c'est. Et justement, ils venaient de décider d'en lancer une...
 
Pourquoi avoir choisi de raconter l’histoire du point de vue d’Alice?
Je ne pouvais pas me mettre complètement dans la peau de Johnny, c'est un point de vue beaucoup trop éloigné du mien. En parler depuis Alice m'a permis d'éluder ce que je ne pouvais pas ressentir.
 
Pensez-vous qu’il existe des moyens de contrer l’intimidation dans les écoles?
Je ne sais pas. Ce n'est pas mon rôle de le savoir. Les auteurs ne devraient pas s'exprimer sur tout. Si j'avais une idée, je tâcherais de la faire passer dans un livre, mais hélas, je n'en ai pas. 
 
Êtes-vous une grande lectrice vous-même?
Non. Je n'ai pas le temps.

Que lisez-vous quand vous en avez l'occasion?
Je lis des romans d'aujourd'hui ou d'autrefois. Il reste pas mal de grands auteurs classiques dont je n'ai jamais lu la moindre ligne. Je me documente. Je lis parfois aussi d'autres auteurs jeunesse, pour savoir comment cette littérature évolue.
 
Que préférez-vous dans l’écriture?
Le moment de la création pure, le surgissement des idées, les premiers jetés de phrases, le moment où je crée dans ma tête en marchant dans la rue, dans la campagne, ou allongée dans ma chaise longue à l'ombre des bouleaux.

Qu’aimez-vous le moins?

Les dernières réécritures. Quand on connaît trop bien le texte, au point de ne plus pouvoir l'entendre, ni le lire, ni même avoir une idée claire sur lui.
 
Est-ce que vous vous astreignez à un horaire d’écriture? Est-ce nécessaire?
Autrefois oui. Maintenant, je prends mon temps. C'est un luxe que je peux me permettre.
 
Dans le cheminement d’un lecteur, est-ce que la littérature jeunesse est importante selon vous? Pourquoi? 
C'est une mise en chemin, une belle évasion moins formatée que la télé ou le cinéma ou la BD. Il n'y a pas d'images, on doit se les faire soi-même, la part belle est donc laissée à la création. Lire, c'est déjà créer un univers personnel. Encore la liberté.
 
 Rafale lecture !

Enfant, étiez-vous une grande lectrice?
Oui. Et non. Il n'y avait pas une littérature jeunesse très foisonnante à l'époque contrairement à aujourd'hui. Mais j'adorais lire. L'univers des livres me paraissait tellement plus puissant que la réalité.

Qui vous a donné le goût de lire? Comment cette personne a réussi à développer ce lien entre vous et les livres?
Ma mère. Elle m'avait confié qu'enfant, elle se cachait avec une lampe de poche sous les draps pour pouvoir lire quand tout le monde dormait. J'ai pensé que ça devait valoir le coup.

Quel mot décrit le mieux votre relation avec les livres? Pouvez-vous nous expliquer ce lien? 
Enthousiasme. Ce n'est pas souvent, mais c'est ce que j'attends d'un livre : qu'il m'augmente.

Quel est votre livre préféré?
La rue de la sardine de Steinbeck, Giono, 100 ans de solitude de G. Garcia Marquez, Colette, Dostoïevsky, Céline... Bon, j'ai triché et j'en ai oublié. Un seul, c'est trop peu. C'est de l'extrémisme.
 
Quel roman a marqué votre adolescence?
Les aventures de Huckerlberry Finn de Mark Twain.
 
Quel est le livre sur votre table de chevet? 
Non, pitié, ça m'obligerait à en parler, et je n'aime pas critiquer. C'est un auteur très connu, et je le trouve définitivement mauvais (une amie libraire, ignorant ma détestation, vient de me l'offrir). Cela dit, comme je suis consciencieuse, je l'ai lu jusqu'au bout (450 pages quand même, pfff !).

Si vous étiez un livre, lequel seriez-vous? 
Je n'aimerais pas être un livre, parce qu'un livre ça se referme et il y a un point final, 
je n'aimerais pas être un livre parce que si les mots s'envolent, les écrits restent et je préfère m'envoler.  
J'aimerais mieux être un mot, juste un mot qu'on jette dans un éclat de rire ou qu'on crie dans l'allégresse, 
un des mots les plus vivants que je connaisse, 
tout plein d'éternité et pourtant si léger : 
ENCORE !

Dans quel endroit préférez-vous lire?
Dehors, dans une chaise longue dans mon jardin, ou dans mon lit, ou dans les transports en commun, ou...
 
Avez-vous une suggestion de lecture pour ceux qui ont beaucoup aimé Johnny?
Heu... non. Les Ostrogoths aux 400 Coups ?

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